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PROGRAMME DES

 

COURS 2009

Les cours ont lieu

les mercredis ou jeudis (seulement pour le 1er cycle)

de 14h à 17h

Mairie de Montreuil

 

 

Cycle 1 : Musique et religion 

 

§        Chant suffi en Islam

Mercredi 14 janvier 2009

Cours animé par Mahmoud AZAB, professeur de civilisations sémitiques et islamiques à l'Institut national des langues et civilisations orientales et  Kudsi ERGUNER, musicien.

Présentation :

La poésie soufie commence avec Rabi’a Adawiyya, une mystique originaire de l’Arabie qui vécut à Bassora où elle mourut en 801. Elle composa et chanta elle-même les premiers poèmes d’amour, entre sentiments profanes et aspirations spirituelles. Les maîtres soufis de l’époque allaient la consulter et le peuple savait par cœur ses chansons. Aujourd’hui encore on peut les écouter reprises avec la musique du 20ème siècle partout dans le monde arabe, particulièrement en Égypte par Umm Kulthum. Cette tradition littéraire, inaugurée par Rabi’a, fut enrichie ultérieurement par les plus grands poètes soufis, tel Ibn al-Farîd (m. 1235) et sa célèbre ode du vin décrivant « l’ivresse » produite par le « vin » de l’amour divin. Parallèlement  s’est développée partout une poésie chantée d’expression populaire qui reprend avec des accents variés les thèmes de l’amour divin et de la lumière du prophète.

Un homme de lettres et un musicien offriront dans ce cours une introduction à la diversité de ces chants soufis en islam.

 

 

§        Chine : musique des trois religions

Mercredi 21 janvier 2009

Cours animé par François PICARD, professeur d'ethnomusicologie analytique, chercheur au centre Patrimoines et langages musicaux, chercheur au Groupe de recherches sociétés, religions, laïcités (GRSLR).

Présentation :

En Chine, la beauté, l'authenticité des musiques religieuses ne tient pas tant à une essence spirituelle, mais à leur lente élaboration, au sérieux de leur transmission, à leur relative indifférence vis-à-vis des modes. Le répertoire des cultes s’accommode d'une énorme diversité qui fait que les musiques demeurent essentiellement locales, fortes d'un goût très prononcé de terroir. Voix, percussions et instruments mélodiques, rassemblés, acquièrent une force qui a peu à envier aux plus grandes formes d’opéras.

 

 

§        Beethoven et la religion

Mercredi 28 janvier 2009

Cours animé par Bruno STREIFF, historien d’art, metteur en scène d’opéras, essayiste, romancier.

Présentation :

Furieux, Beethoven rature la mention « Composé avec l’aide de Dieu » écrit par son ami Ries au bas de la partition de la Symphonie Héroïque qu’il recopiait. A la place, il note : « Homme, aide-toi toi-même ! ». Traversée des thèmes du destin, du mythe prométhéen de la révolution, du paradis terrestre, l’œuvre de Beethoven est marquée par le panthéisme de Spinoza que lui fait découvrir Goethe. L’athéisme n’est pas loin. Une évolution que suivra plus tard un Victor Hugo. Et chez Beethoven, la musique se fait idéologique. Pas une mesure, pas une tonalité qui ne soit en rapport avec les conceptions philosophiques du compositeur.

 

 

§        Les musiques interdites

Mercredi 4 février 2009

Cours animé par Bruno STREIFF, historien d’art, metteur en scène d’opéras, essayiste, romancier.

Présentation :

Comme la peinture, la musique religieuse des origines doit se soumettre à des règles strictes. La dissonance est assimilée au diable (le fameux « Diabolus in musica »), les instruments exercent des fonctions précises et distinctes (trompettes du Jugement Dernier), le musicien est un exécutant, puisque seul Dieu crée. Par la suite, les cours ajouteront leurs interdits à ceux des papes, une situation conflictuelle qui culminera avec les dictatures du 20ème siècle.

 

 

 

Cycle 2 : Figures de femmes, figures de vierges 

 

§        La virginité dans la Bible et le Coran 

Mercredi 18 mars 2009

Cours animé par Mahmoud AZAB, professeur de civilisations sémitiques et islamiques à l'Institut national des langues et civilisations orientale.     

Présentation de l’intervenant 

La Bible comme le Coran, parce que produits dans un contexte patriarcal, exaltent d’abord et avant tout le mariage et la fécondité, ainsi que la virginité de la jeune fille avant ses noces. Ces représentations ont pesé, et continuent encore de peser sur la vie sociale et les valeurs auxquelles elles se réfèrent. Le Coran décrit un paradis qui offre aux hommes des jeunes filles vierges, ce qui a suscité tour à tour des commentaires grivois, des interprétations allégoriques, des détractations virulentes. En contexte musulman, le droit traditionnel mentionne la virginité de la femme, ou la non-virginité, parmi  les clauses du contrat de mariage. En contexte chrétien, la figure de Marie, vierge mère de l’enfant Jésus, a fondé l’exaltation de la virginité consacrée, alors que l’islam, bien qu’acceptant le miracle de la vierge mère, ne fait aucune place à la virginité comme idéal de vie.

 

 

§        Marie et ses peintres 

Mercredi 25 mars 2009

Cours animé par Bruno STREIFF, historien d’art, metteur en scène d’opéras, essayiste, romancier.

Présentation :

C’est peut-être par Marie que tout commence, puisque Saint-Luc, par ailleurs rapporteur de l’Annonciation, aurait peint son portrait… Rien d’étonnant qu’elle soit devenue – et pour quelques siècles! – un des principaux sujets de la peinture occidentale. Pourtant, tensions et contradictions accompagneront ces représentations. L’« humanité » de Marie va souvent les éloigner des directives conciliaires. Une humanité par laquelle le profane s’infiltre plus ou moins clandestinement dans le sacré…

 

 

§        L’invention de la virginité 

Mercredi 1er avril 2009

Cours animé par Matthieu SMYTH, professeur (disciplines littéraires et de sciences humaines, théologie catholique) à l'université Strasbourg-II.

 

 

§        Thérèse d’Avila (1515-1582) – figure majeure de la mystique affective féminine catholique

Mercredi 8 avril 2009

Cours animé par Jacques MAîTRE, sociologue, directeur de recherche au CNRS. Membre fondateur puis directeur du Groupe de sociologie des religions.

Présentation :

À partir du xiiie siècle, la montée de l’économie marchande en Europe occidentale s’accompagne d’une mutation de la spiritualité catholique. Dans ce cadre, pour la première fois dans la tradition catholique, des femmes vont prendre la parole en tant que virtuoses de la spiritualité. Dès lors, elles rendent compte des expériences mystiques qu’elles vivent ; leurs dires et leurs écrits constituent un corpus de textes enrichi à chaque génération et qui animera jusqu’à la fin du deuxième millénaire la filière de la mystique affective féminine. Au xvie siècle, la créativité symbolique et institutionnelle propre à cette filière se déplacera vers l’Espagne, pour culminer avec Thérèse d’Avila.

Une réflexion sociohistorique et psychanalytique peut nous aider à percevoir en quoi une telle aventure devient parlante pour tout être né d’une femme, sans qu’il ait à invoquer des croyances en un quelconque dogme religieux.

 

 

 

Cycle 3 : Histoire et sociologie de la laïcité 

 

§        Y a-t-il une morale laïque ?

Mercredi 13 mai 2009

Cours animé par Olivier ABEL, professeur de philosophie éthique à l’Institut protestant de théologie, faculté de Paris.

Présentation :

L’enseignement de la morale était jadis un pilier de l'enseignement laïc. Remplacé par l'instruction civique, on parle de le rétablir. Sur quoi serait-il fondé ? Sur le respect des règles communes ? Sur une morale minimale (de ne pas faire de tort à autrui) ? Ou bien sur une éducation des différentes « morales » qui cohabitent dans nos sociétés à respecter la teneur morale universelle que chacune comporte ? Car on ne peut pas dire simplement qu’ « il n'y a plus de morale » : le problème est plutôt qu’elles sont multiples et mêlées. En apprenant aux enfants à « déchiffrer » ce qu’il y a de moral, à mieux comprendre les différents codes, on susciterait une morale au carré, une morale des morales.

 

 

§        Islam et laïcité 

Mercredi 20 mai 2009

Cours animé par Mahmoud AZAB, professeur de civilisations sémitiques et islamiques à l'Institut national des langues et civilisations orientale.

Présentation :

On dit couramment que politique et religion sont confondus en Islam. L’histoire montre que les réalités furent beaucoup plus complexes, entre des théoriciens qui affirmaient le lien indissoluble de dîn et dawla (ce que l’on peut traduire par religion et État) et des souverains qui tiraient leur légitimité de la siyasa, c’est-à-dire du pouvoir politique séparé de la sphère religieuse. Au 20ème siècle, la chute de l’Empire ottoman et la suppression du califat ont suscité un débat ardent qui a conduit à la formulation, par Abd al-Raziq, d’une totale séparation entre le politique et le religieux.

Il est nécessaire de connaître cet arrière-plan historique pour réfléchir à la possibilité qu’a l’islam d’intégrer aujourd’hui les valeurs d’une laïcité, qui est elle-même le produit récent de la modernité.     

 

 

§        Temps forts de la laïcité : histoire et sociologie de la laïcité

Mercredi 27 mai 2009

Cours animé par Daniel LINDENBERG, professeur de sciences politiques à l’université de Paris VIII Saint-Denis.

Présentation :

La laïcité française a plusieurs sources, dont certaines viennent de loin :

-          le poids du gallicanisme (l’Etat monarchique est indépendant de Rome) à côté de la Réforme protestante et de son refus d’une Eglise distincte de la société ;

-          puis, sortant du cadre religieux, la philosophie des Lumières et toutes les idéologies qui en sont issues, en particulier l’anticléricalisme.

Après avoir rappelé tout cet arrière-plan, le cours exposera les étapes de la sécularisation qu’ont été les lois révolutionnaires après 1789, puis la création progressive d’un enseignement laïque (1833 puis 1880-1883), enfin la  séparation de l’Eglise et de l’Etat  (1905) suivant la législation anticongrégationniste. On terminera par les débats actuels, tant au niveau européen que national, dans la mesure où ils mettent en jeu diverses conceptions de la laïcité, voire même une certaine remise en cause.

 

 

§        Europe et laïcité

Mercredi 3 juin 2009

Cours animé par Jean-Paul SCOT, professeur honoraire en chaire supérieure d’histoire.

Présentation :

Aujourd’hui, certains proposent une laïcité dite positive qui introduirait en France les caractéristiques d’une laïcité européenne. Certes, tous les pays d’Europe n’ont pas connu la même évolution que la France depuis les Lumières. Mais la remise en cause de la laïcité à la Française nous interroge concernant les caractères de cette laïcité européenne.

Nous aborderons la problématique d’une définition universelle de la laïcité à travers ce débat.

 

Cycle 4 : Qu’est-ce qu’un mythe ?

Récits religieux et pensée de l’humanité dans l’Antiquité

SEPTEMBRE 2009 (dates en attente)

Cycle coordonné et animé par Henri PENA-RUIZ, philosophe, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris, professeur de philosophie en khâgne au lycée Fénelon.

Présentation :

L’aventure de l’Humanité se raconte dans des mythes et des légendes qui ont vocation à formuler une interrogation sur le sens du vécu. Ombres et lumières sont alors hébergés par des récits qui sollicitent l’imagination  et la sensibilité, mais donnent également à penser. Du récit à  forte dose symbolique à la philosophie comme élucidation rationnelle se crée alors un passage possible. Certes, l’interprétation des mythes ne saurait revendiquer pour elle-même la certitude, mais elle permet de stimuler la pensée, de la féconder. C’est dans cet esprit que le cours proposé s’efforcera d’explorer certains mythes et de susciter la réflexion sur ce qu’ils peuvent exprimer.

Voici le cycle de quatre cours proposé cette année.

 

§        Comment les récits religieux nous aident-ils à penser ? Réflexion sur la fonction symbolique et exemples 

§        Penser la culture humaine. Le mythe de Prométhée

§        Penser la liberté. Le choix d’Ulysse

§        Penser l’invention de la justice. La création de l’Aréopage

 

 






Centre d'étude du Fait Religieux
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